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Cristofaro Delvecchio

Cristofaro Delvecchio

Papiers et partages (à tendance communiste)

Ce n'était pas que de la haine - Le fascisme promettait de résoudre les problèmes du capitalisme

A la fin des années 30, une publicité de l'organisation Nazi social welfare organisation Strenght Through Joy (Kraft durch Freude) dépeignait une heureuse, prospérante famille avec leur Volfswagen (People's Car - La voiture du peuple) et Volksempfänger (le transmetteur du peuple), une radio de masse. / German Federal Archive (Bundesarchi).

A la fin des années 30, une publicité de l'organisation Nazi social welfare organisation Strenght Through Joy (Kraft durch Freude) dépeignait une heureuse, prospérante famille avec leur Volfswagen (People's Car - La voiture du peuple) et Volksempfänger (le transmetteur du peuple), une radio de masse. / German Federal Archive (Bundesarchi).

Par Cristofaro Delvecchio -

À partir de l’adresse http://www.peoplesworld.org/article/it-wasnt-just-hate-fascism-promised-to-solve-capitalisms-problems/

Une proposition de traduction, par ici. La relecture est la bienvenue :

Une analogie hante les Etats-Unis - l'analogie du fascisme. Il est pratiquement impossible (en dehors de certaines parties de l'aile droite en elle-même) d'essayer de comprendre la droite résurgente sans l'entendre être décrit en tant que - ou comparé avec - le fascisme d'entre-deux guerres du Xxe siècle. A l'instar du fascisme, la droite résurgente est irrationnelle, fermée d'esprit, violente et raciste. Ainsi va l'analogie, et voici la vérité ce propos.

Le fascisme ne devint pas simplement puissant en attirant les plus bas instincts des citoyens. Le fascisme a aussi, de manière cruciale, répondu aux besoin sociaux et psychologiques des citoyens pour une protection face aux ravages du capitalisme à une période où les autres acteurs politiques n'offraient que très peu de solution.

Les origines du fascisme reposent sur une promesse de protéger le peuple. A la fin du XIXe siècle et au début du Xxe siècle, une accélération de la mondialisation détruit des communautés, des professions, et des normes culturelles alors qu'elle générait une vague d'immigration. Les mouvements nationalistes de l'aile droite promirent au peuple de les protéger de l'influence pernicieuse des étrangers et du surgissement du marchés, et le peuple effrayé, désorienté et déplacé répondit. Ces jeunes mouvements fascistes perturbèrent la vie politique dans plusieurs pays, mais ils s'infiltrèrent à un rythme relativement calme jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale.

La Première Guerre Mondiale avait dévasté l'Europe, en tuant 16 millions de personne, en mutilant 20 millions d'autres, en écrasant les économies et en semant le désordre. En Italie, par exemple, la période d'après-guerre conduit à une forte inflation et au chômage, tout comme à une série de grèves, des occupation d'usines, des saisies de terre, et d'autres formes de troubles et violences sociales. Les gouvernements Italiens libéraux de l'ère de l'après-guerre ne réussirent pas à résoudre de manière adéquate ces problèmes. Les constitutions libérales - hommes d'affaires, propriétaires fonciers ou terriens, membres de la "classe moyenne" - les abandonnèrent. Les deux plus larges parties d'opposition - Les socialistes du PSI et les catholiques du PPI - offrirent également de très faibles plans de redressement concernant ces problèmes sociaux de base.

Benito Mussolini et son Parti Fasciste National (PNF) s'engouffrèrent dans la brèche, en prenant avantage de l'échec ou de l'inefficacité des institutions existantes, des parties, et élites et en offrant une mixité de politiques "sociales" et "nationales". Les fascistes promirent de développer l'unité nationale, d'apporter la priorité aux intérêts de la nation au-dessus de tout groupe particulier, et de promouvoir la stature de l'Italie à l'international.

Les fascistes attirèrent aussi le désir Italien de l'obtention d'une sécurité sociale, d'une solidarité et d'une protection face aux crises capitalistes. Ils promirent alors de restaurer l'ordre, de protéger la propriété privée et de promouvoir la prospérité, mais aussi de protéger la société de banqueroutes économiques et de l'effondrement. Les fascistes mirent l'accent sur le fait que la richesse diminuait les responsabilités tout comme les privilèges devaient être administrés aux bénéfices de la nation.

Ces techniques de séduction permirent aux fascistes de recueillir le soutien de presque tous les groupes socio-économiques. L'Italie était un jeune pays (formés dans les années 1860), empoisonné par de profondes divisions sociales et régionales. En affirmant soutenir les meilleures intérêts de l'entière communauté nationale , ce sont les fascistes qui devinrent en fait le premier vrai "parti du peuple".

Après avoir atteint le pouvoir, les fascistes Italiens créèrent des cercles de récréation, des groupes de jeunes et d'étudiants, des activités sportives et d'excursion. Ces organisations poursuivirent toutes les buts de développer une véritable communauté nationale. Le désir de renforcer une identité (fasciste) nationale contraint le régime à des mesures culturelles extraordinaires. Ils firent la promotion des architectures publiques frappantes, des expositions d'art, des productions filmographiques et radiophoniques.
Le régime intervenait intensément dans l'économie. Comme un fasciste le déclara : "Il ne peut pas y avoir de simples intérêts économiques qui soient au dessus des intérêts économiques de l'état, aucune initiative individuelle, ni initiative économique qui ne tombe sous la supervision et la régulation de l'état, pas de relation des classes variables de la nation qui ne soient pas de l'intérêt de l'état." De telles politiques permirent au fascisme de rester populaire jusqu'à la fin des années 30, quand Mussolini s'est dévoué au côté d'Hitler. C'était seulement l'implication du pays dans la Seconde Guerre Mondiale, et le virage du régime italien vers une idéologie plus "racialiste" du fascisme, qui rendit peu à peu le fascisme Italien impopulaire.

Le fascisme italien différa de son pendant Allemand par d'importantes manières. De manière plus notable, peut-être, l'antisémitisme et le racisme étaient plus innés dans la version allemande. Mais le fascisme Italien et Allemand ont aussi partagé d'importantes similitudes. Comme en Italie, l'Allemagne était une nouvelle "nation" (formée en 1871) tourmentée par des divisions profondes. Après la 1ère Guerre Mondiale, l'Allemagne se trouvait lui-même accablé par des traités de paix punitifs. Au cours des années 20, il a expérimenté de violentes révoltes, des assassinats politiques, des invasions étrangères, et une Grande Inflation notoire.

Puis la grande dépression frappe, provoquant une souffrance immense en Allemagne. La réponse du gouvernement, et d'autres acteurs politiques, cependant, doivent aussi être rappelée. Pour des raisons différentes, les gouvernements conservateurs et leurs opposants "socialistes" soutinrent ensemble l'austérité en réponse à la crise. C'est de cette manière qu'une opportunité dorée fut ouverte pour le fascisme.

Le NSDAP de Hitler promettait de servir la totalité du peuple Allemand, mais la vision fasciste Allemande du "peuple" n'incluait" pas les Juifs ni les "indésirables." Ils promettaient de créer une "communauté de peuple" qui surpasserait les divisions du pays. Les fascistes promettaient également de battre la Dépression et contrastaient son activisme au nom du bien-être du peuple avec la douceur et l'austérité des "socialistes". A partir des élections de 1932, ces appels du pied à la protection du peuple Allemand permit aux Nazis de devenir le plus large parti politique, et celui avec la base socio-économique la plus large.

Lorsque, en Janvier 1933, Hitler devenait chancelier, les Nazis commençaient rapidement à créer des emplois et à lancer des programmes d'infrastructures. Ils exhortèrent les entreprises à recruter des ouvriers, et à distribuer du crédit. L'économie de l'Allemagne rebondissait et les chiffres du chômage s'améliorèrent dramatiquement : Le chômage en Allemagne tombe de 6 millions en 1933 à 2.4 millions à la fin de 1934; A partir de 1938, l'Allemagne a essentiellement profité du plein emploi. Mais à la fin des années 30, le gouvernement contrôlait les décisions à propos de la production économique, de l'investissement, des salaires et des prix. La dépense publique se développait de manière spectaculaire.

L'Allemagne Nazi restait capitaliste. Mais il a aussi contrôlé l'intervention de l'Etat dans l'économie de manière encore inédite dans les sociétés capitalistes. Les Nazis ont aussi soutenus un Etat de bien-être étendu (bien sûr, exclusivement pour les Allemands "ethniquement purs"). Ceci incluait des formes d'éducation plus élevées, du soutien aux familles et enfants, des pensions, des assurances santés, et une rangée de divertissement populaire ainsi que des vacances.

Toutes les sphères de la vie, économie inclues, devaient être subordonnées à "l'intérêt national", et à l'engagement fasciste à développer la mobilité et l'égalité sociale. Des réformes radicales de méritocraties n'étaient pas habituellement considérées comme des mesures du parti Nazi, mais comme Hitler l'a une fois soulevé, le troisième Reich a "ouvert une voie pour chaque individuel qualifié - quel que soit son origine - à atteindre le sommet s'il est qualifié, dynamique, industrialisé et résolu."

Principalement pour ses raisons, et ce jusqu'en 1939, l'expérience de la majorité des Allemands avec le régime Allemand était probablement possible. Les Nazis étaient apparemment venus à bout de la Dépression et avaient restaurés la stabilité politique et économique. Tant qu'il pouvait démontrer leur pureté "ethnique" et rester éloignés des démonstrations trop manifestes de déloyauté, les Allemands ont typiquement expérimenté le National Socialisme non en tant que tyrannie ou terreur, mais en tant que régime de réforme social et de réconfort.

Il n'y a aucun doute que la violence et le racisme était des traits essentiels au racisme. Mais pour la plupart des Italiens, Allemands, et autres fascistes européens, l'attirance n'était non pas basé sur le racisme, encore moins sur le nettoyage ethnique, mais sur la capacité supposée du fasciste à répondre de manière effective aux crises du capitalisme quand d'autres acteurs politiques en étaient incapables. Les fascistes insistaient sur l'idée que les Etats pouvaient et devaient contrôler le capitalisme, que l'Etat devait et pouvait promouvoir le bien-être social, et que les communautarismes nationaux devaient être cultivées.

La solution fasciste était au final, bien sûr, pire que le problème. En réponse à l'horreur du fascisme, d'une part, les Démocrates du "New Deal" aux Etats-Unis, et les partis sociaux-démocrates en Europe, ont cherché à renégocier le contrat social. Ils promirent aux citoyens de contrôler le capitalisme et de fournir des politiques de bien être, en prenant d'autres mesures afin de renforcer l'union national - mais sans la perte de liberté et de la démocratie que le fascisme avait réduit.

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